Quelques citations européennes et contextuelles De Gaulle, 29 mars 1949 :
Moi, je dis qu'il faut faire l'Europe avec pour base un accord entre Français et Allemands. [...] Une fois l'Europe faite sur ces bases [...], alors on pourra se tourner vers la Russie. Alors, on pourra essayer, une bonne fois pour toutes, de faire l'Europe tout entière avec la Russie aussi, dut-elle changer son régime. Voilà le programme des vrais Européens. Voilà le mien. Pour moi j’ai, de tous temps, mais aujourd’hui plus que jamais, ressenti ce qu’ont en commun les nations qui la peuplent. Toutes étant de même race blanche, de même origine chrétienne, de même manière de vivre, liées entre elles depuis toujours par d’innombrables relations de pensée, d’art, de science, de politique, de commerce, il est conforme à leur nature qu’elles en viennent à former un tout, ayant au milieu du monde son caractère et son organisation. Oui, c'est l'Europe, depuis l'Atlantique jusqu'à l'Oural, c'est toute l'Europe, qui décidera du destin du monde.
Jean Jaurès, dernier discours, 25 juillet 1914 : Quoi qu'il en soit, citoyens, et je dis ces choses avec une sorte de désespoir, il n'y a plus, au moment où nous sommes menacés de meurtre et, de sauvagerie, qu'une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c'est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui comptent un grand nombre de frères, Français, Anglais, Allemands, Italiens, Russes et que nous demandions à ces milliers d'hommes de s'unir pour que le battement unanime de leurs cœurs écarte l'horrible cauchemar.
Jose-Luis Zapatero : La Russie joue un rôle déterminant. Si l'Europe ne le comprend pas, elle ne comprend pas qui occupe la position clé en Europe.
Victor Hugo :
Il faut à l’Europe une nationalité européenne ! Un jour viendra où…vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la nation européenne. Une guerre entre Européens est une guerre civile.
Nietzsche : L' Europe se fera au bord du tombeau.
Goethe : Seul est digne de la vie et de la liberté celui qui chaque jour part pour elle au combat.
Noam Chomsky, 1989 : Voyez-vous, le capitalisme n’est pas fondamentalement raciste ; il peut exploiter le racisme pour ses fins, mais le racisme ne lui est pas intrinsèque. Le capitalisme veut fondamentalement que les gens soient des engrenages interchangeables, et les différences entre eux, telles que les différences raciales, ne sont d’habitude pas fonctionnelles. Ou elles peuvent l’être pour un temps, comme quand on veut une main-d’œuvre sur-exploitée, par exemple, mais ces situations sont plutôt anormales. Sur une longue période, vous pouvez vous attendre à ce que le capitalisme soit anti-raciste, précisément parce qu’il est anti-humain. Et la race est en fait une caractéristique humaine - il n’y aucune raison pour qu’il s’agisse d’une caractéristique négative, mais c’est une caractéristique humaine. C’est pourquoi les identifications basées sur la race interfèrent avec l’idéal capitaliste de base selon lequel les gens devraient être disponibles juste comme consommateurs et producteurs, des engrenages interchangeables qui achèteront toute la camelote qui est produite : c’est à cela qu’ils servent en fin de compte, et toute autre propriété qu’ils pourraient avoir est plutôt inintéressante – et même une nuisance d’habitude.
Mustapha Kemal Atatürk : L'islam est une greffe étrangère, grâce à laquelle le clergé arabe, vaincu par les guerriers turcs, a mis sournoisement la main sur l'âme des vainqueurs.
Anonyme ?, 1973:
Cependant, il est toujours possible que l'homme prophétisé par Thomas Carlyle, Nietzsche, Simone Weil [la philosophe], s'avance à nouveau parmi nous. Il est possible que demain un individu, servi par le Destin, prenne conscience du danger et soit, une fois encore, imposé par le péril mortel menaçant, non plus une nation, un peuple, mais un continent tout entier. Il est possible qu'un tel homme clame la vérité en des circonstances lui permettant d'être écouté et compris. (...) Est-il plus facile d'unir aujourd'hui ce qui reste de l'Europe ? Si cela ne l'est pas, au moins est-ce toujours possible. L'homme fort de l'Europe devra en unifier les provinces par le haut. Il lui faudra inculquer aux peuples unis le sens de la solidarité qui leur fait défaut. Faute de quoi, il sombrera comme ses grands prédécesseurs, et avec lui ce qui reste du monde civilisé, cultivé. Il est difficile qu'il puisse utiliser une autre doctrine politique que celle d'un socialisme européen, affranchi des servitudes du marxisme. (...) C'est à cette condition que l'Europe unifiée pourra devenir la Grande Nation, entre les grands blocs américain et asiatique et qu'elle pourra subsister. Napoléon aujourd'hui, ne dirait plus de l'Europe: "C'est une taupinière"; il dirait "C'est un tombeau".
Mikhail Bakounin : Il faut viser l’impossible pour réaliser le possible, et ceux qui se sont sagement limités au possible, n’ont jamais avancé d’un seul pas.
Auguste Blanqui : On ne peut pas changer sérieusement une société dans son ordre politique et social sans détruire l’idée philosophique qui en est la base.
Julien Benda (1867-1956), extraits de "Discours à la Nation européenne" :
Il existe des hommes qui veulent unir les peuples, des hommes qui pensent à "faire l'Europe". Je ne m'adresse pas à tous. Parmi ces hommes certains cherchent ce que l'Europe devra faire pour exister dans l'ordre politique, d'autres dans l'ordre économique, d'autres dans l'ordre juridique. Je n'ai point qualité pour retenir leur audience. D'autres pensent à la révolution qu'elle devra accomplir dans l'ordre intellectuel et moral. C'est à ceux-là que je parle. Bien entendu, je ne viens pas nier les graves transformations économiques que l'Europe devra réaliser pour se faire. Je dis que ces transformations ne lui seront vraiment acquises, ne pourront être tenues pour stables que lorsqu'elles seront liées à un changement profond de sa moralité, de ses évaluations morales. Vous ne vaincrez la passion nationaliste que par une autre passion. Celle-ci peut être, d’ailleurs, la passion de la raison. Mais la passion de la raison est une passion, et tout autre chose que la raison.
Aristote : Parvenu à son terme logique, dit-il [Aristote], l'état de sédition dû à l'absence d'homogénéité raciale ne peut se résoudre que de deux façons: soit la population indigène arrive à se débarrasser de la population allogène qu'elle s'était imprudemment associée; soit au contraire, cette dernière devient assez puissante pour exclure la population d'accueil. Dans les deux cas, la Cité ne survit, en tant que telle, que par suite d'un phénomène de ségrégation; dans le premier, elle retrouve son unité d'origine, avec tous les biens qui en découlent, par l'exclusion de ce qui y faisait obstacle; dans le second, le remplacement d'une population par une autre assure éventuellement la reconstitution, sur d'autres bases, d'une nouvelle unité sociale, dont, par discrimination, est exclue la population originelle.
Jean-Jacques Rousseau : Méfiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher loin de leur pays des devoirs qu'ils dédaignent accomplir chez eux. Tel philosophe aime les Tartares pour être dispensé d'aimer ses voisins. Aujourd'hui il n'y a plus de Français, d'Allemands, d'Espagnols, et même d'Anglais; il y a seulement des Européens [XVIIIème siècle].
Lionel Jospin “Le monde comme je le vois” Gallimard : Une nouvelle caste dominante […] une aristocratie (qui) émerge d’une alliance implicite entre des grands dirigeants d’entreprises, des financiers, des cadres élevés de l’entreprise et des services, certains hauts fonctionnaires de l’Etat et des privilégiés des médias” Ce groupe, écrit-il, “enjoint aux autres catégories sociales de faire des sacrifices au nom de la compétition mondiale ou de l’équilibre de l’économie mais ne consent pour lui-même à aucun effort ou renoncement et ne conçoit même pas que la question se pose […] La bourgeoisie ancienne était patriote, parfois nationaliste, en tout cas en France, protectionniste. La nouvelle caste se veut internationaliste, voire transnationale. L’espace économique national n’est pas sa référence naturelle. Elle épouse au contraire l’univers et l’idéologie de la mondialisation capitaliste car elle y trouve la justification de son existence et de ses exigences. ...et plus à venir !
|