Economie
2008/05/01 1er mai, debout travailleurs européens ! Imprimer

Travailleurs européens, hommes comme femmes, du public comme du privé, en ce 1er mai 2008, nous honorons la mémoire des artisans du socialisme en Europe, de cette longue tradition de combat, aujourd’hui provisoirement épuisée, alors que les syndicats officiels s’alignent sur le patronat, alors que les mouvements de « gauche » ont abandonné la lutte sociale pour leur peuple, y compris ceux qui en son sein sont les plus démunis, pour se consacrer à la défense exclusive d’un prolétariat d’importation et pour favoriser le libertarisme des jeunes bourgeois des centres urbains. Tout cela n’est pas le socialisme, tout cela n’est pas la gauche, c’est même son antithèse qui usurpe ces nobles titres.

1er mai, à Rome c’est le premier jour du mois consacré aux maiores, aux anciens comme aux ancêtres. Et c’est pourquoi il ne faut pas oublier le sacrifice au travail de millions d’européens des générations précédentes, européens qui se sont saignés aux quatre veines pour assurer à leur descendance un sort meilleur, qui se sont sacrifiés pour rien quand on voit ce qu’il est fait de leur héritage. 1er mai chez les Celtes, c’est la fête de Beltaine, la fête qui annonce l’été et honore Lug, le dieu polytechnicien, dieu protecteur des travailleurs, « saint » patron de tous les métiers. 1er mai, fête depuis 1886 des socialistes européens, qui se rassemblent pour saluer la mémoire des combattants de la gauche authentique, qui se rassemblent aussi pour témoigner de leur solidarité dans l’action et de la légitime colère populaire face à une droite qui leur a toujours menti et face à une « gauche » qui les a toujours trahis.

Où sont aujourd’hui les Blanqui et les Proudhon levant bien haut l’étendard rouge de la révolution ? Où sont les Guesde et les Jaurès debout pour proclamer les droits des travailleurs ? Où sont les Fourier, les Owen, les Cabet, rêvant d’un monde meilleur ? Où sont les Saint-Simon et les Mazzini du XXIème siècle appelant à l’émergence d’une Europe unifiée et socialiste ? La grande tradition socialiste, de Leroux à Sorel, a été abandonnée, a été méprisée, a été oubliée, et aujourd’hui nous avons décidé de renouer avec le fil de cette tradition de lutte, de refus de transiger, de refus de se soumettre à un prétendu réalisme, qu’il soit politique, économique, social ou civilisationnel.

Nous avons décidé au PSUNE, aussi peu que nous puissions être pour le moment, de ne jamais reculer, de ne jamais transiger avec ceux qui brisent les acquis sociaux des travailleurs de notre peuple et qui sapent les fondements même de la civilisation européenne. L’Europe est la patrie de la démocratie ; elle est aussi la patrie du socialisme. Mais nous avons décidé aussi de combattre ceux qui ont décidé de renoncer à ce que nous puissions demeurer être, et ceux qui n’ont pas voulu, par complicité ou par lâcheté, s’opposer au nouveau modèle social, économique et culturel qu’on veut imposer à tous les pays du continent et dont notre nouveau président, mais cela aurait été la même chose si son adversaire féminine et « de gauche » l’avait emporté, est le porte-parole.

Notre programme ambitionne, rien que cela, de contribuer au relèvement de la civilisation européenne et au progrès social qui l’accompagnera naturellement. A l’heure où l’on parle de pouvoir d’achat, les travailleurs européens doivent savoir qu’on les a sacrifiés sur l’autel du libéralisme économique et du globalisme généralisé à tous les domaines, et qu’ils n’auront pas de lendemains qui chantent, et leurs enfants encore moins. Alors, certes, il y a des pays qui, au prix de nouveaux sacrifices, comme le Danemark, montrent une autre voie à suivre, une voie où le chômage est faible et où, au lieu d’importer de la main d’œuvre à bas coûts comme le préconise à tort Nicolas Sarkozy avec son « immigration choisie », on constate une élévation générale du niveau de vie et des salaires des travailleurs danois. Mais leur système est instable, car soumis à un contexte politique particulier, peu susceptible de durer, puisque le premier ministre danois veut ramener le Danemark dans le rang. L’exception danoise va donc très probablement être tuée et avec elle un exemple de contre-modèle économique. Or ce que vit actuellement le Danemark, non seulement il serait possible de la maintenir avec la politique économique et sociale que nous préconisons, mais même d’aligner l’ensemble du continent européen sur ce modèle, à rebours du catastrophique « modèle » britannique, qui a pourtant leurré un certain nombre de ténors de la prétendue « gauche » « européenne ».

Si une certaine forme de gauche existe, certes très critiquable quant à ses positions morales et qui se réduit souvent dans les faits à des propositions démagogiques, car ne remettant pas en cause le système économique même de l’Europe actuelle, à l’instar de Die Linke en Allemagne, avec le courageux Oskar Lafontaine mais aussi avec malheureusement le néo-communiste Gregor Gysi, ou encore du Parti Socialiste néerlandais, en expansion, dont nous regrettons les positions anti-européennes et celles concernant la question migratoire, cette « gauche » canada-dry, « gauche » populiste, n’a pas les solutions pour l’avenir du continent européen et ne cherche pas à en avoir. « Gauche » qui fait le jeu de la droite par sa nature même. « Gauche » réformiste, même quand elle prend un ton extrémiste, gauche qui transige, gauche qui se couche, et pas du tout une gauche révolutionnaire, pas du tout une gauche qui proclame son socialisme, même si modéré par le fait même que la nature humaine ne se prête guère à la mise en œuvre d’utopies, un socialisme qui garde donc les pieds sur terre, et qui ne tombe pas dans les anathèmes sectaires. Pas du tout un mouvement socialiste et européaniste déterminé à mettre en œuvre une révolution politique, juridique et pour le sujet qui nous importe ici économique et sociale, comme le nôtre. Au service des Européens et des Européennes, du moins de l’écrasante majorité d’entre eux, qu’ils soient ouvriers, employés, fonctionnaires, paysans ou patrons de PME. Il s’agit ni plus ni moins de faire tomber l’oligarchie politico-économique qui tend à régenter la vie de notre continent, et en triomphant d’elle en Europe, mettre à bas sa version mondialisée. Si l’Europe unie, de l’Islande à la Russie, fait sécession du mondialisme, alors c’est le mondialisme qui sera mis à bas, et l’Europe pourra renaître, pourra se relever.

Aussi, en ce premier jour du mois de mai de l’année 2008, je vous invite à garder l’espoir, même quand l’avenir paraît sombre, que des nuages noirs apparaissent déjà à l’horizon. Tôt ou tard, aujourd’hui ou dans vingt ans, le Soleil, qu’on peut aussi appeler du nom d’Apollon ou du gaulois Belenos, traversera ces nuages de ses rayons, vaincra les ténèbres qui s’abattent sur l’Europe, et brillera de mille feux, comme il le fit du temps de Périclès, du temps d’Auguste, du temps de la Renaissance, du temps de la Révolution et de celui de la Belle Epoque, avant que l’Europe ne tombe dans les guerres civiles où elle a ruiné sa puissance, où elle a perdu les meilleurs de ses fils. La renaissance de la civilisation européenne, les lendemains qui chantent pour les travailleurs européens, c’est possible mais cela sera le fruit du courage, le fruit de la persévérance, le fruit enfin du combat, du combat politique comme du combat social.

Travailleurs européens, ne suivez pas ces mauvais bergers qui vous flattent d’un côté pour mieux vous trahir de l’autre. Pour l’Europe sociale contre l’Europe du capital, pour l’Europe européenne contre l’ « Europe » internationaliste, soutenez le seul mouvement socialiste qui n’a pas renoncé, qui ne vous abandonnera jamais, soutenez le Mouvement Euro-socialiste, soutenez le PSUNE !

Thomas FERRIER
Secrétaire Général

1er mai 2008

 
2008/04/19 Vote ouvrier, vote droitier Imprimer

De plus en plus d’ouvriers européens (et également euro-américains) votent désormais pour la droite et l’extrême-droite aux élections, se tournant par exemple vers la frange la plus conservatrice du Parti Républicain aux Etats-Unis. Pendant longtemps, le Front National français était devenu le premier parti des ouvriers et on peut dire de même du FPÖ autrichien, du Vlaams Belang belge, et désormais de la Ligue du Nord (Lega Nord) italienne. Le BNP britannique connaît ses meilleurs scores ans les banlieues ouvrières blanches de Londres (Oldham, Bradford), au point où le Labour Party se rend compte qu’il perd ainsi de précieux votes. Comment expliquer ce phénomène ? Il faut pour ce faire comprendre l’évolution de la gauche, communiste et socialiste en Europe, démocrate aux USA, depuis des décennies.

Aux USA, le parti démocrate défendait pendant longtemps les « petits blancs » du Deep South (le « sud profond »), comme il s’était opposé aux « républicains noirs » avant la guerre de sécession. Aujourd’hui, les blancs du sud-est américain votent républicains, alors que le Parti Démocrate en revanche reçoit le vote des femmes, des noirs, des juifs et d’une manière générale le vote des minorités, à l’exception des latinos, dont le caractère catholique fait qu’ils se partagent entre les deux partis.

En Europe, la « gauche » a renoncé en premier lieu au socialisme pour se rallier à une forme pervertie de libéralisme, le globalisme économique, y ajoutant une bonne dose de libertarisme, et comme le Parti Démocrate précédemment évoqué, elle soutient les minorités, sexuelles, religieuses ou ethniques (issues des flux migratoires). Même le PCF qui maintient une théorique apparence socialiste, de nature essentiellement démagogique, y a de fait renoncé. Cet abandon, douloureusement ressenti par les travailleurs européens, les a amenés à voter pour l’extrême-droite, notamment dans le cas français. Plutôt opposée à l’origine à l’immigration, la « gauche » est devenue le mouvement le plus favorable à l’ouverture des frontières, au mondialisme idéologique, à la multiculturalité et à l’accueil massif, désormais vu comme un enrichissement, alors qu’il est facteur de dumping social, des populations migrantes, surtout si elles sont extra-européennes.

Ainsi l’électorat populaire européen est trahi par une « gauche » faisant les yeux doux au nouvel électorat importé, et par des « syndicats » défendant ces nouveaux travailleurs jaunes, au sens syndical de ce dernier terme. Cette double trahison, du socialisme comme de l’européanité, a durement touché la classe ouvrière, qui se réfugie dans l’abstention, dans un vote pour les droites, et éventuellement pour le PCF et le PS, pour ce qu’ils ont été et non pour ce qu’ils sont devenus. C’est bien parce que la vraie gauche est morte, ses héritiers officiels ayant renié complètement ses racines, son histoire, ses idées et ses valeurs, que les électeurs populaires en sont venus à soutenir la droite, parce que celle-ci prétend notamment arrêter ou limiter l’immigration. On n’aménage pas le libéralisme, on le combat. On ne réforme pas le Système, on le met à bas. On ne propose pas face au globalisme un alter-globalisme qui ne fait que le renforcer mais au contraire on met en avant un discours anti-globaliste.

Le PCF fut le parti des ouvriers français puis ce fut le cas du FN, provisoirement le cas de l’UMP, les ouvriers ayant été séduits un temps par le discours populiste de son candidat, Nicolas Sarkozy, mais vite dégoûtés par la présidence bling bling. Cet électorat désorienté se partage désormais dans des votes variés, une partie retournant à un vote à « gauche », réceptacle en vérité à un simple vote sanction. L’ouvrier qui vote désormais pour le FP norvégien, l’UDC suisse de Blocher, le DFP danois, se retrouve à soutenir des mouvements libéraux qui ambitionnent de libéraliser la fonction publique, de baisser les impôts portant sur les plus riches. Le FN en matière économique et sociale a un programme clairement de droite, malgré des déclarations pseudo-socialistes en faveur « des petits, des sans grade », avec toute la condescendance que peut avoir un milliardaire envers les pauvres. En clair, quel que soit son vote, le travailleur européen est perdant. Cela doit changer. Le PSUNE ambitionne d’être le parti des classes populaires européennes, et plus généralement du peuple européen, opposé aux pseudo-élites corrompus ou trop lâches pour réagir, aux technocrates, oligarques et autres ploutocrates, de Paris ou de Bruxelles. La démocratie doit être restaurée, et l’eurocratie de demain doit être le pouvoir de l’ensemble des Européens, le pouvoir des seuls Européens.

Pour qu’un nouveau socialisme se réconcilie avec l’électorat populaire indigène, européen, ce dernier doit impérativement prendre le problème migratoire à bras le corps, analyser les mécanismes politiques, économiques, sociaux, moraux et juridiques, qui l’encouragent, rompre avec le libéralisme économique par le soutien à une politique de protectionnisme économique européen, combattant réellement le chômage, les délocalisations, le dumping social, la baisse du pouvoir d’achat, s’opposant aux attaques de la droite contre la fonction publique. Socialisme d’une part, européanisme d’autre part, sont les deux mamelles d’une gauche véritable et ressourcée, d’un socialisme authentique et fidèle à la tradition du XIXème siècle. Réconcilier dans un même vote les classes moyennes et la classe prolétarienne (ouvriers, paysans, employés), les fonctionnaires et les travailleurs du privé, rassembler en somme une majorité d’européens, dans cette double dimension révolutionnaire, voilà une tâche absolument nécessaire.

Un ouvrier de la Nation Européenne de demain, se sentira honoré de contribuer à l’avenir de son peuple, de sa civilisation, et il sera respecté, et notamment respecté par un salaire digne de son travail. Les salaires des travailleurs européens devront être revus à la hausse, une hausse très significative, comme en bénéficient les travailleurs danois actuellement. Il faut réconcilier les travailleurs de notre peuple avec la gauche, une gauche déterminée, cohérente et vertueuse, l’euro-socialisme ou gauche socialiste européenne que nous incarnons ici au PSUNE !

Thomas FERRIER
Secrétaire général

19 avril 2008

 


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