Editoriaux
2009/12/06 De la démocratie en Suisse et en Europe Imprimer
D’une votation suisse…

Le dimanche 29 novembre 2009, lors d’une votation sur l’interdiction de la construction des minarets en Suisse, l’électorat a plébiscité à 57.5% cette proposition de l’Union Démocratique du Centre (appelé Parti du Peuple Suisse dans la partie alémanique), premier parti du pays aux dernières législatives avec 29% des voix. Ce parti conservateur, à la limite du populisme, a pendant longtemps été dirigé par Christoph Blocher, désormais second du mouvement.

Ce résultat a été une surprise totale, démentant tous les sondages d’opinion, et surprenant même les promoteurs de cette votation. S’en est suivie une condamnation sans ambiguïté par toute l’ « opinion » officielle européenne, c'est-à-dire la classe politique et les media, de ce vote. Daniel Cohn-Bendit, leader des Verts européens, a même exigé que le peuple suisse revote et ce au mépris des principes élémentaires de la démocratie. L’équivalent écologique de son parti en Suisse s’est même engagé à faire un recours auprès de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, estimant que cette mesure était contraire à la fameuse convention qui lui est liée.

Analysons en premier lieu le fond de la mesure, qui est avant tout symbolique. Les quatre minarets déjà construits dans le pays helvète ne seront pas rasés, selon le principe de non-rétroactivité. Mais par leur vote, les électeurs suisses ont voulu envoyer un autre message à la classe politique nationale et européenne, à savoir l’incompatibilité entre la défense de son identité et la promotion de l’islam. Le minaret, même sans muezzin, représente ainsi le symbole de la présence de l’islam en Suisse. Bien évidemment, la droite nationale européenne s’est emparée de ce résultat pour exiger des referenda sur l’islam, ce qui n’est pas rendre service au peuple suisse, souverain dans son vote mais déconsidéré par cette récupération.

En outre, l’islam suisse est essentiellement d’origine européenne, bosnienne ou albanaise notamment, même si sont concernés aussi une bonne centaine de milliers de turcs et autres migrants d’origine non-européenne, à l’instar des célèbres frères Ramadan. Les communautés européennes musulmanes n’étaient d’ailleurs guère demandeuses d’une visibilité accrue de l’islam.

Sur la forme maintenant, nous avons un véritable problème dans la réaction médiatique et politique des autorités suisses et européennes. Quel que soit le bien ou le mal fondé de cette votation, elle s’est placée dans un cadre démocratique et le peuple souverain a exprimé son avis sans ambiguïté. En démocratie, c’est lui qui dispose normalement du pouvoir et qui est seul juge de ce qui est bon pour lui. Dans cette affaire, le gouvernement suisse, qui était opposé à cette mesure, ne semble pas prêt à respecter ce principe élémentaire, et la nomenklatura européenne réagit de manière scandaleuse.

La démocratie n’a pas été respectée dans cette affaire, mais pas par le peuple suisse en l’occurrence. Toutes les organisations internationales ont fait part de leur condamnation sans appel, de leur inquiétude. Certains pays musulmans, comme la Libye, l’Iran et le Pakistan, menacent et font du chantage. Le Conseil de l’Europe et l’Union Européenne sont réprobateurs. Certains journalistes nous expliquent doctement le caractère inadmissible du référendum, interdit dans certains pays comme en Allemagne.

à la démocratisation de l’Europe…

Face à de tels dénis de démocratie, face à un tel mépris à l’égard du peuple, car en cette affaire le peuple suisse a réagi comme probablement la plupart des peuples d’Europe aurait fait, nous constatons amèrement que la démocratie en Europe est en danger et de la faute même de ceux qui n’ont que son nom à la bouche et qui prétendent en être les fruits. Une fois l’élection passée, nos dirigeants trahissent systématiquement tous leurs engagements et préfèrent plaire à ceux qui ne les ont pas élus plutôt qu’à leur électorat. La démocratie est confisquée par une élite convaincue d’avoir la vérité et qui considère le peuple avec dédain. Ceux qui osent parler au nom du peuple ou défendre ses intérêts sont qualifiés de populistes, alors que ce terme ne devrait désigner que les démagogues professionnels qui mentent aux citoyens.

Pour honorer le blason de la démocratie européenne, aujourd’hui confisquée, le PSUNE propose une nouvelle révolution démocratique afin que le peuple européen retrouve l’intégralité de son pouvoir et que ce soit lui qui commande aux dirigeants et non l’inverse.

Un certain nombre de mesures de bon sens s’impose pour que la volonté du peuple européen soit respectée et soit le guide des politiques gouvernementales. La première des mesures est l’instauration du référendum européen d’initiative populaire contraignant, à la mode helvétique. Suite à une pétition de par exemple un million de citoyens européens sur n’importe quel sujet, le référendum serait de droit et aucune convention, aucun traité, ne devrait pouvoir l’empêcher. En clair, entre la volonté du peuple et le respect des traités, ce doit être la première qui prime, même si cela doit exiger l’abrogation par le gouvernement des traités en question. Si la volonté du peuple est contraire par exemple à la convention européenne des droits de l’homme, la première doit primer.

La démocratie c’est le pouvoir du peuple, d’un peuple considéré comme adulte, qui assume ses choix et en paie éventuellement les conséquences s’il se trompe. Le droit du peuple de se tromper fait aussi partie de la démocratie.

La seconde mesure est l’instauration à toutes les élections législatives, et en particulier aux élections européennes, du scrutin proportionnel intégral à un tour. Au-dessus de 0.5% , toute liste aura des élus au parlement. Cela permettra d’accroître fortement la représentativité des élus et cette pluralité se fera au service du peuple. En outre, sera donnée aux citoyens la possibilité de rayer des noms sur les listes et sera garanti aux listes candidates le principe de liberté absolue de choix de ses membres.

La troisième mesure est la mise en place d’un système de mandat impératif pour les élus. On peut ainsi imaginer que chaque membre de la liste, susceptible d’être élu, devrait s’engager nominalement sur par exemple cinq engagements formels, qui deviendraient impératifs. Au cas où, élu, le candidat ne respecterait pas ses engagements, il sera alors automatiquement déchu de son poste et perdra tous les avantages liés. Ainsi, les citoyens pourront s’assurer a minima du respect de la parole donnée par le candidat. A titre d’exemple, si Nicolas Sarkozy en 2007 s’était engagé selon ce principe à refuser la candidature turque à l’Union Européenne, il aurait été contraint de quitter son poste à partir du moment où élu il n’y a pas mis immédiatement fin.

Avec ces quelques mesures, nous pourrions permettre aux citoyens européens de contrôler davantage l’exécutif, de veiller au respect de leur souveraineté, au respect de leurs intérêts. La politique fonctionnerait ainsi comme cela doit l’être en démocratie. Le gouvernement est au service des citoyens et ce ne sont pas à ces derniers de se soumettre à la volonté d’une oligarchie politicienne dont on constate, jour après jour, qu’elle ne veille qu’à ses propres intérêts et à ceux bien sûr des capitalistes.

Pour que les hommes politiques respectent le peuple et se soumettent à sa volonté, ces trois principes évoqués sont indispensables. Qui est prêt aujourd’hui en Europe à les instaurer ? Personne, malheureusement. Enfin… presque personne.

Thomas FERRIER
Secrétaire Général du PSUNE
                                                       
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2009/10/11 Une rentrée politique sous le signe de la rupture Imprimer

Irlande, les raisons d’un oui massif.

Avec 67.13% des suffrages en faveur du « oui » au second référendum sur le Traité de Lisbonne qui s’est déroulé le 2 octobre 2009, alors même que le taoiseach (« premier ministre ») Brian Cowen est totalement déconsidéré aux yeux de l’opinion irlandaise, les Irlandais ont validé un texte après avoir obtenu en échange de leur accord beaucoup de concessions en leur faveur.

En premier lieu, au nom d’une neutralité dénuée aujourd’hui de sens dans un tout autre contexte que celui des années 40, l’Irlande enterre encore un peu plus l’idée même d’une défense européenne indépendante et au nom de sa souveraineté toute future armée européenne.

En second lieu, des garanties lui sont apportées en matière de maintien de l’interdiction de l’avortement. Ainsi en cas de viol, les jeunes femmes irlandaises, même mineures, devront se faire avorter hors du pays. Il n’est certes pas question de nier le caractère problématique de l’avortement, dans une période où l’Europe est en grave crise démographique, mais toute règle doit pouvoir admettre des exceptions. Le côté clérical de cette interdiction n’ajoute rien, bien au contraire, à sa crédibilité. Enfin, relancer la natalité est une mesure qui doit être prise en amont et non en aval.

Enfin, l’Irlande conservera par principe son commissaire, ce qui signifie que c’est un autre pays qui devra renoncer au sien. Belle égalité de traitement entre les peuples en perspective.

Une fois que l’Irlande a été rassurée sur le caractère non-fédéral de l’Union Européenne, elle a pu voter oui les yeux fermés. Les cadeaux souverains qu’elle a reçus pour acheter son vote ont fonctionné. Reste un autre argument semble-t’il déterminant, c’est que l’Irlande est désormais en récession et va avoir besoin des aides communautaires pour se remettre d’aplomb. Elle redécouvre ainsi les charmes de l’Union Européenne en période de vache maigre.

Hier les Irlandais votaient non pour de mauvaises raisons souverainistes, négligeant de vrais arguments qui pouvaient exister pour le non, comme l’adhésion de la Turquie ou la politique libérale, et aujourd’hui ils votent oui pour également de mauvaises raisons européistes.

La question essentielle que les Irlandais auraient dû se poser : avons-nous un destin commun avec les autres européens et si oui, ce texte sert-il les intérêts de l’Europe et des Européens.

La danse des europhobes.

Declan Ganley a échoué aux élections européennes, le seul député Libertas en Europe étant Philippe de Villiers, et échoue à nouveau ce vendredi. Mais si un europhobe est à terre, trois sont prêts à prendre le relai.

Il y a Leç Kaczynski, le moins courageux de la bande. Samedi 10 octobre 2009, il a cédé et a signé le traité. On pouvait craindre le fait que le président polonais pourrait temporiser ou chercher des arguments pour repousser l’échéance. Au final, il signe sans tergiverser, comme il s’y était engagé en cas de victoire du oui à Dublin.

Vaclav Klaus est d’une autre nature. Entêté, il va tout essayer pour repousser les délais jusqu’aux élections britanniques de printemps 2010, en espérant que le conservateur David Cameron, en tête dans les sondages, va s’y imposer. Si c’est le cas, ce dernier s’est engagé à soumettre par référendum le traité de Lisbonne à son peuple, en sachant que l’opinion britannique pourrait suivre son nouveau futur premier ministre dans l’europhobie. Aux dernières élections européennes, UKip, le mouvement souverainiste, atteignait 18% des suffrages, et le BNP, nationaliste, récoltait 6.5% des suffrages. Dans ce cadre, le traité de Lisbonne serait en grand danger.

Klaus a demandé aux sénateurs de son parti, l’ODS, de saisir à nouveau la cour constitutionnelle afin de vérifier la conformité du traité avec la loi tchèque. Cette mesure est destinée à ralentir une ratification pourtant validée par la majorité des députés et des sénateurs. L’objectif est clair : repousser le traité jusqu’au moment où Cameron le mettra à mort. Klaus demande également une modification du traité, modification trop tardive pour être crédible, afin que la Tchéquie puisse bénéficier d’une exception, dont bénéficieront la Pologne et le Royaume-Uni, au traité, à savoir la non-application de la Charte des Droits Fondamentaux dont Klaus est persuadé qu’elle permettrait aux allemands des Sudètes, spoliés de leurs biens en 1945, de demander des dédommagements. On retrouve dans cet argumentaire la germanophobie classique de certains pays d’Europe centrale.

A ce petit jeu, les alliés des USA sont très dévoués. Les conservateurs font partie pleinement du parti américain en Europe. Bien que le traité de Lisbonne soit fort peu satisfaisant aux yeux des européanistes authentiques que nous sommes, l’acharnement de ses adversaires à son égard le rend presque sympathique.

Les europhobes dénoncent un déni de démocratie quand les résultats ne leur sont pas favorables alors qu’ils demandent en revanche un respect sourcilleux du vote dans l’autre cas. Ce double discours, qui peut tromper quelques ahuris, est passablement agaçant en plus de malhonnête. A l’exception de la question turque et de la question sociale, la plupart des arguments des « nonistes » étaient bassement chauvins.

Elections : changement et continuité.

Malgré la crise, deux gouvernements sortants en Europe sont parvenus à se faire réélire malgré des pertes significatives.

En Allemagne, la CDU/CSU et la SPD reculent nettement, ce dernier tombant sous la barre des 23%, score le plus bas depuis 1893. La CDU seule n’obtient que 27.3% des voix, et le renfort de la CSU, elle-aussi nettement en baisse, avec 6.5% des voix, ne permet à la démocratie chrétienne que de dépasser la barre des 33%, le plus mauvais score depuis 1949.

Dans le contexte d’une grande coalition sortante, il est assez logique que les mouvements minoritaires qui en étaient exclus bénéficient d’un regain électoral significatif. La FDP, avec 14.6% des voix, est le grand gagnant de ces élections législatives, bien qu’étant un parti ouvertement libéral en matière économique, alors même que le libéralisme a montré ses faiblesses. A l’opposé, Die Linke, mouvement d’extrême-gauche, s’en sort très bien, au détriment de la sociale-démocratie, avec un score de 11.9%, bien supérieur à ce qui était annoncé par les sondages. Le pari d’Oskar Lafontaine, dissident de la SPD, semble gagné. Toutefois, bien que la pression de la gauche de la SPD se soit accru à l’issue de cette défaite, l’idée d’une alliance au niveau national entre la SPD et Die Linke semble encore éloignée. Franz Münfering par exemple, dirigeant important des sociaux-démocrates, avait par le passé qualifié Die Linke de mouvement « national social », une façon de le diaboliser. Enfin, les Verts (Die Grünen) progressent également au détriment des deux grands partis allemands, avec un score de 10.7%, soit 3% de plus qu’en 2005.

Paradoxalement, l’autre grand perdant de cette élection est l’extrême-droite. Avec 0.4% des voix, les Republikaner continuent leur agonie alors que la NPD, parti que l’on considérait auparavant comme en progression, n’obtient que 1.4% des voix, dépassant toutefois les 3.1% en Allemagne de l’Est. Enfin, la DVU récolte 46.000 voix et 0.1%. En tout, la droite nationale allemande n’obtient que 1.9% des suffrages contre 2% en 2005. En 1969, à l’issue d’une grande coalition, la NPD avait récolté 4.3% des voix et échoué de peu à l’entrée au parlement. Dans un contexte là encore extrêmement favorable, elle échoue lamentablement.

Au Portugal, le Parti Socialiste de Jose Socrates, parti sortant, a obtenu 36.55% des voix et 97 sièges. Le centre-droit, le Parti Social-démocrate, jadis dirigé par le président de la commission européenne Gustavo Barroso, n’obtient que 29.11% des voix et 81 sièges. Dans un tel contexte, les socialistes portugais n’ont d’autre choix que de s’allier avec l’extrême-gauche, incarné d’une part par les communistes du PCP, qui ont obtenu 7.86% des voix et 16 sièges, mais aussi par le « bloc de gauche », formation d’extrême-gauche, qui avec 9.82% des voix et 21 sièges réussit à devenir incontournable. Pour gouverner, Socrates n’a donc pas d’autre choix que de mettre en place une coalition de gauche plurielle. Enfin, la droite conservatrice incarnée par le Parti Populaire, plus radical que son cousin espagnol, obtient 10.43% des voix, ce qui constitue un excellent score pour ce mouvement politique.

On notera que si l’extrême-gauche obtient un score très important, 18.69% des voix toutes formations confondues, l’extrême-droite, dans sa version monarchiste (PPM, 0.27% des voix), et dans sa version nationale-populiste (PNR, 0.2% des voix), reste marginale, malgré un flux migratoire significatif.

En revanche, la Grèce a connu dimanche dernier des élections législatives qui ont mis fin au gouvernement de droite de Caramanlis sur un score désastreux pour son parti, la Nouvelle Démocratie. Le parti socialiste (PASOK) est en effet le grand vainqueur de ce scrutin avec près de 44% des voix et 160 sièges sur 300, ce qui signifie qu’il est en mesure de gouverner sans besoin du moindre allié. La Nouvelle Démocratie, avec 33.5% des voix environ mais seulement 91 sièges, est loin derrière et son dirigeant a d’ailleurs officiellement pris sa retraite suite à cette défaite.

L’extrême-gauche est, comme au Portugal, extrêmement forte, dans ses différentes composantes. Le courant trotskyste incarné par le mouvement « Syriza » obtient 4.6% et 13 sièges, alors que le parti communiste grec (KKE) a obtenu 7.54% des voix et 21 sièges. Si on cumule l’ensemble des scores des différents mouvements d’extrême-gauche, dissidents communistes en tête, elle obtient 12.84% des voix. En revanche, à la différence du Portugal et de l’Allemagne, la droite nationale, incarnée par le LAOS réussit un bon score, 5.63% des voix et 15 sièges, même s’il est moindre que celui obtenu aux élections européennes, où le LAOS avait dépassé les 7%, mais avec un taux de participation bien inférieure. Le parti a surtout réussi de bons scores en Attique et à Athènes même en particulier. Enfin, les néo-fascistes de l’Aube Dorée (« Hrysi Avgi ») obtiennent 0.29% des voix.

Conclusion.

Les différentes élections de septembre et octobre 2009 en Europe indiquent quelques tendances lourdes. L’extrême-gauche est en forte progression, bénéficiant d’un affaiblissement de la gauche sociale-démocrate, sauf en Grèce, et des conséquences de la crise. En France, les chômeurs votaient encore récemment pour la droite nationale, alors qu’en Allemagne, ils soutiennent Die Linke, et la NPD n’a pas été capable, même à l’est, de concurrencer ce mouvement au sein de l’électorat populaire.

Avec les excellents scores de l’extrême-gauche au Portugal et en Grèce, des terres ceci dit très favorables à ce courant d’opinion car anciennes dictatures nationalistes, et avec la forte progression notamment en Allemagne de l’Ouest de Die Linke, les forces anticapitalistes connaissent un regain significatif et mettent à mal la gauche plus traditionnelle. Certes, le PASOK peut se passer d’eux, mais pas le PSP de Socrates, qui est obligé de se coaliser avec eux et de renoncer à un programme centriste. Enfin, Die Linke gêne considérablement la SPD, bien qu’une coalition SPD-Die Linke-Die Grünen ne suffirait pas à vaincre la coalition qui se met en place, à savoir l’alliance CDU-CSU-FDP.


Thomas FERRIER
Secrétaire Général du PSUNE

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